|
|
|
A partir d'un signe inférieur, on se déplace horizontalement pour trouver la note correspondante ou signe supérieur qui apparaît.
Le signe supérieur dépend donc du signe inférieur qui précède. Il n'est valable que pour la syllabe sur laquelle il se trouve.

Lorsqu’apparaît un signe nouveau, la note écrite est en blanc. Si le son se répète, les notes écrites sont en noires.
Il ne s’agit pas d'un rythme. Le rythme de la Psalmodie est régulier, syllabique ; mais il respecte le rythme intérrieur du verset.
Le psaume 133 est un psaume spécifiquement rattaché à la fonction litugique .

Chironome et instrumentiste
Le psaume 134, le dernier des psaumes des Degrés, est chanté à l’office du soir, par les Chantres Lévites .

Temple funéraire de la reine Hatchepsout, mère adoptive de Moïse.

Qu’est ce que le mode ?
C'est une relation entre tons et demi-tons ; elle régit les rapports mutuels des intervalles musicaux. C’est une manière d’Etre car le mode forme l’essence, l’Ame de la mélodie.
Les Anciens vont de l'aigu au grave.
Les modes sont transcrits d'après leur structure, sur l’échelle musicale. La transposition est tout à fait possible.

|
|
|

 |
|
|
|
|
Proposition musicale S.H.Vantoura
Suzanne Haïk-Vantoura est née en France en 1912; ses parents, juifs observants avaient quitté la Turquie après 1908; elle était la plus jeune de trois enfants. Au cours de son enfance, son père lui parlait des signes mystérieux imprimés dans la Bible.
Elle fit de brillantes études au Conservatoire National Supérieure de Paris ; élève de Marcel Dupré, et fut organiste titulaire de Saint-Sulpice de 1946 à 1953 puis de 1966 à 1979, mais, ne pouvant enseigner durant la guerre elle entreprit alors de rechercher le sens de cette notation rentrée dans le silence, notation, nous ramenant au Chant des Chantres Lévites du temple de Jérusalem.
« A force de déductions et d'expérimentations », elle parvint à « décoder » les 19 signes posés au dessus et au dessous du texte hébreu, parmi les voyelles et proposa un code musical pour la prosodie cantilée et la psalmodie biblique : une source merveilleuse « pour interroger chaque verset et chaque mot de l'antique prière, comme si ses rythmes battaient la pulsation du monde... » André Chouraqui.
Le temps de la retraite arrivée, Suzanne Haïk-Vantoura écrivit son livre « La Musique de la Bible révélée », qui parut en 1976, livre dont le contenu essentiel est maintenant repris dans un « Mémoire sur la Cantillation et la Psalmodie biblique selon le décryptement musical de Suzanne Haïk-Vantoura », mémoire complété par les recherches de Esther Lamandier sur la relation entre les Signes bibliques et les Hiéroglyphes idéogrammes (-1500) avec une proposition de Chironomie (voir page livres du site).
L'Association RETOUR, 16390 Saint-Séverin, propose deux enregistrements : les Volumes 2 et 3, voix d'hommes et ensemble instrumental, sous la direction de Suzanne Haïk-Vantoura. Le volume 1 reçut le Diapason d'or. Il n'est plus réédité (Erato).
Esther Lamandier a de son côté enregistré : Les Psaumes de David, L'Esprit de Dieu et les Prophètes, Le Cantique des Cantiques, Le Livre d'Isaïe.
Les signes de cette notation dite de Tibériade furent « divulgués » au IXème siècle par les rabbins Massorètes mais, leur sens musical, selon S. Haïk-Vantoura, aurait été perdu après la chute du second temple de Jérusalem (70 ap. J.C.).
Les prêtres lévites, fils de Sadoq, celui que le roi Salomon ( Xème siècle av. J.C.) nomma prêtre du temple (I Rois, 2, 35 et Ezéchiel 44, 15-16) étaient strictement attachés aux textes tout comme le furent les Caraïtes (Fils de l'écriture) auxquels les Massorètes se rattachaient en grande partie. Craignant que la tradition du chant du temple ne sombrât dans l'oubli, il est possible, précise donc Suzanne Haïk-Vantoura que ces maîtres Caraïtes aient décidé de transmettre à leurs contemporains ce code musical structuré en 19 signes dont nous redécouvrons aujourd'hui la richesse et la force musicale inspirées.
A chaque accent correspond un son ; les signes inférieurs sont toujours de hauteur musicale fixe. Bien plus encore, par leurs rappports consonnants, nous revenons à l'harmonie des rapports mathématiques qui les font naître : l'existence d'une correspondance entre les rapports premiers du nombre et les intervalles musicaux.
« Dieu a organisé l'univers pour que le monde entier soit harmonie... et le chant pur, le son fondamental a harmonisé le tout... selon la volonté paternelle de Dieu pour laquelle David s'est enthousiasmé » Clément d'Alexandrie.
Le déchiffrement de ces signes musicaux va opérer pour l'ensemble des 24 livres de la Bible.
La notation musicale de la Bible se compose de 19 signes nommés Té'amîm :

Té’amim provient de la racine hébraïque : dont le sens veut dire : goûter, savourer dans le langage de la nourriture et également dans celui de la métaphore d'où :
Signification ; intonation ; intelligence ; raison ; cause ; ordre. Quelqu'un a du « bon sens » ou ta’am ; une faculté ; dans le psaume 119, 66 : un bon jugement et connaissance.
Les Karaïtes ont forgé ce terme : d'où est sorti la lecture pluriel : 
- Ces signes constituent deux systèmes. Celui de la prosodie (textes en prose), celui de la psalmodie : textes poétiques, soit les Psaumes, les Proverbes et la presque totalité du Livre de Job.
- Les té'amîm sont placés soit au-dessous, soit au-dessus du texte hébreu, parmi les points-voyelles :

Voici le même texte, sans les points-voyelles :

- Selon cette place, inférieure ou supérieure, les signes ont un sens totalement différent.
Les signes inférieurs représentent des sons de hauteur fixe, progressive.
La hauteur des sons représentés par les signes supérieurs leur est subordonnée ; elle dépend de la hauteur du degré fixe qui les précède.
- Les signes inférieurs représentent les degrés successifs d'une échelle réduite à l'étendue de la voix humaine.
Il y a huit signes inférieurs dans la prosodie, sept dans la psalmodie. Les voici, dans l'ordre de leur progression.
Soit sur la portée :

- Trois écoles ont travaillé à la fixation par l'écriture, des accents hébraïques les Té amim,ou signes musicaux de cantillation.
- La première école israëlite : notation par points.
- L'école babylonienne, qui note par syllabe au dessus des lignes en utilisant l'initial de chaque ta’am.
- L'école de Tibériade (manuscrit type de Moïse Ben Asher, IXème siècle) qui est fondée sur le premier système israélite et combine points, traits, crochets et cercles. C'est le système qui s'est imposé partout et est parvenu â une exécution extraordinairement nuancée de toutes les liaisons possibles entre les mots sous l'action du poids de l'accent.
Cette triple connexion du système : valeurs tonales, dénominations et leur sens, signes graphiques forment un tout indissociable, en connaissance totale du système. C'est ainsi que la révélation du sens des dénominations, et les déductions qu'elle impose, interrogent l'histoire des sources de cette notation.
- L'étymologie témoigne de l'interprétation musicale donnée aux signes de la clé de déchiffrement.
« NEGHINOT » est un terme Biblique, de sens musical. Il signifie « modulations », du verbe « naghan » : jouer, toucher d'un instrument â cordes, chant, musique.
« ‘al - haghinot, ninghinot »: sont des termes figurant en tête de certains psaumes et désignant les instruments de musique â cordes.
Dans les traités de la première heure sont mentionnés principalement en regard des signes les seuls noms qui vont suivre. Nous citons : fin, repos, grappe, charme, dressant, accroupi etc...
- Dénominations :
Système prosodique, signes inférieurs de hauteur fixe :
|
|
|
L'ÉCOLE DE TIBÉRIADE
LES MASSORÈTES
Après la révolte juive de 135 et la prise de Jérusalem, le Sanhédrin obtint des Romains la possibilité de s'établir, d'abord à Sépphoris, puis à Jamnia, l'actuelle Yavné et également à Tibériade qui devint un centre d'études rabbiniques florissant ou s'étaient réfugies les Docteurs de la Loi qui compilèrent les écrits du Talmud et des écrits Juifs jusqu'au VIe siècle. Certains s'établirent aussi en Babylonie et là furent fondés des centres importants.
Il ne faut pas négliger la scission au VIIème - VIIIème siècle entre l'école de Babylonie avec Rabbi Anan Ben David et celle de Tibériade ; et la relation supposées avec les Karaïtes dont étaient issus les Ben Asher qui rejetaient la Loi orale, dont le Talmud, et la plupart des écrits de la Mishnah, pour ne garder que la Torah écrite.
C'est dans la Ghéniza du Caire, centre Karaïte de 882 à 1313 lieu de culte de la communauté Karaïte, que furent retrouvés les célèbres manuscrits de la Bible dite d'Alep - dont le colophon écrit de la main de Moshé Ben Asher a disparu après 1948. Le manuscrit A 19 de St Pétersbourg a dû être à l'origine, de la même école, mais il a subit partiellement des déplacements d'accents à une époque assez récente, vers le XVIIème ou le XVIIIème siècle.
Quand cette musique a-t-elle été conçue ?
Le système Tibérien forme un tout. Musique, dénominations, signes.
La notation de Tibériade est l'oeuvre des maîtres de la célèbre École qui fonctionnait dans cette ville, de la fin du VIIIe au Xe siècle : l'école des Massorètes.
Le premier traité sur cette notation que nous possédons ne date que de 930. Il provient du dernier maître de la « Massorah » : Moïse Ben Asher, le père, qui avait rédigé et interponctué de sa main (en 895) un manuscrit des « Prophètes ».
Ce Manuscrit dit « du Caire », découvert dans une synagogue Karaïte, bien qu'incomplet, comprend néanmoins le Pentateuque, le Livre des Rois etc... Pour la première fois, les signes de cantilation figuraient sur un manuscrit.
C'est en cette fin du IXème siècle que le Ga'on Mar Natronaï rappelait, parlant des rouleaux de la Bible : « nous ne devons pas y ajouter les signes de cantilation, bien que ces derniers aient été révèles au Sinaï ». Conjointement, dans cette tentative ultime de sauvegarde de la tradition, les Massorètes de Tibériade fixèrent également au-dessous des mots - des inter ponctuations vocaliques - l'énonciation exacte de ceux-ci. Précision souhaitable : le texte ancien de la Bible étant totalement privé de voyelles.
Aaron Ben Asher de son côte a rédigé le premier traité que nous connaissions sur les signes dits de « Tibériade » mais ce n'est qu'un inventaire.
L'expression : pisqé-té'amîm, de laquelle dérive vraisemblablement le terme générique «Té'amîm » qui désigne les accents de cantilation, était déjà présente dans le Talmud.
D'où provenaient ces signes apparus ou réapparus tout à coup ?
Paraphant le manuscrit produit en 895, Moïse Ben Asher précise qu'il l'a réalisé selon le Codex des Karaïtes : « comme la communauté des Prophètes l'a expliqué », communauté sainte de Rabbins. On sait que ceux-ci étaient réputés seuls détenteurs de la tradition écrite de la lecture Biblique. (kétiv)
Le Talmud de Babylone, dont la rédaction fut achevée au VIème siècle, faisait déjà mention de l'existence de la lecture des textes, ou seuls étaient présents le premier mot de chaque verset, suivi seulement des syllabes ponctuées des autres mots. Un tel procédé est-il suffisant pour protéger une tradition, un tel document préservé aurait-il pu servir de base à cette notation ?
Les Karaïtes, les dépositaires de la tradition écrite millénaire de la lecture du Livre se définissaient eux-mêmes : « comme ne cachant rien de ce qui leur avait été transmis, et n'y ajoutant pas un mot ».
Aaron Ben Asher, nous l'avons vu, fut, du reste, le dernier représentant de cette institution.
LES KARAÏTES
Recherche Esther Lamandier.
... « Pour qu'il se tienne...
dans le lieu éternel
où brille une lumière d'aurore perpétuelle »
(Hymne F' (p.266) Livre des Esséniens - A. DUPONT-SOMMER)
Le terme karaïte ne se trouve qu'à partir du IXème siècle dans les écrits karaïtes de Binyamin al Nahawandi. Il désigne « ceux qui lisent le Texte et les détenteurs de la loi écrite ».
Cette communauté rabbinique accorde donc la prééminence à la Cantilation, et à la Psalmodie de la Parole biblique écrite, donc à la lecture cantillée et psalmodiée.
Ya'acov al Kirkisana, dans son oeuvre « Le livre des lumières et des phares » ainsi que le karaïte Elya Ben Abraham ( 12ème siècle) font remonter à l'époque de Jéroboam et Roboam (- 9ème siècle) une dissidence doctrinale qui se serait poursuivie avec l'exil des dix tribus. Se référant à cette très ancienne scission pour retracer leurs propres origines, les Karaïtes se considèrent comme les héritiers de la pure tradition représentée par Roboam.
Pour Abraham Kirkovitch (1786-1874), les Karaïtes descendent des dix tribus installées en Crimée, avant la chute de Samarie.
B. Revel, frère de Léon Pinsker, élargit la thèse de Geiger, historien du Peuple juif (1810-1874).
Geiger, élabora une théorie dite sadducéenne : Karaïte, cet historien va jouir d'une certaine faveur après la découverte du « Document de Damas », document écrit, appartenant à la communauté Essénienne.
Rappelons que selon S. Szysman, érudit karaïte d'origine russe, établit en France, les Sadducéens, les « bene tsadoq », auraient bien été les précurseurs des Karaïtes.
A l'époque du second Temple, ils faisaient partie, comme la communauté de la Mer Morte, de ces mouvements qui se réclamaient des principes d'austérité, d'ascèse, de pureté, de perfection intérieure.
Selon l'historien français protestant, Jacques Basnage (1653-1727) - « Histoire et Religions des Juifs », les Karaïtes se considéraient comme les descendants d'Esdras et des dix tribus arrivées jusqu'en Tartarie.
L'Écrit de la Nouvelle Alliance au pays de Damas :
Quelques fragments furent découverts en 1896-1897 par Salomon Schlechter, dans la Geniza d'une synagogue du Vieux Caire.
Cet écrit est l'ouvrage fondamental de la communauté essénienne, chassée de Judée par la persécution, qui va chercher refuge dans la Damascène avant de retourner au pays.
Se réclamant des « fils de Sadoq », « l'Exhortation », l'écrit de Damas, est un manuscrit daté du 1er siècle de l'ère chrétienne.
Son but : retenir dans la foi et l'obéissance les membres de la communauté.
Philon d'Alexandrie écrivit à leur sujet :
« Les Esséniens travaillent avec un soin extrême la morale, en utilisant constamment les lois ancestrales, celles que l'âme humaine n'aurait pas pu concevoir sans l'inspiration divine » (Q.O. p. l. § 80)
Deux maîtres-mots dans la tradition des « Bene tsadoq » : chercher et scruter
- chercher : darash : étudier dans le sens religieux et mystique par des investigations et l'etude de l'Écriture
- scruter : badaq : choisir, distinguer, discerner.
Cet Écrit de Damas fait une allusion historique a Hyrcan II qui succéda comme grand prêtre a son père Alexandre Janee, en 76 av. J.-C., et fut nommé grand prêtre par Pompée en 63, une seconde fois, après la prise de Jérusalem.
Le « Maître de Justice » (-2ème siècle) sous le règne d'A. Jannee(-103,-76) fut persécuté par Hyrcan II et mis a mort en -65, -63.
Les Esséniens demeurèrent jusqu'en + 68 a Qumran jusqu'au temps de la grande révolte juive (Massada) après les massacres a Jérusalem sous Pompée, + 63, et la domination romaine sur la Palestine.
Le professeur au Propsic Collège de Philadelphia, le professeur S. Zeitlin, est considéré comme l'un de ceux qui pourraient le mieux déterminer les connexions exactes qui relient à travers les siècles le Karaïsme médiéval à l'Essenisme antique.
« Il est bien remarquable, écrit-il, que dans le cimetière essénien de Qumran, les corps soient entérrés la tête vers le sud : ce qui est également un rite karaïte encore observé aujourd'hui ».
« Et que Dieu nous envoie le Maître de Justice pour râmener le coeur des pères vers les fils », mentionne aussi une prière karaïte...
Les Anciens de Batyra, ancêtres spirituels du karaïsme :
On situe les « Anciens de Batyra » dans le passé, peut-être à l'époque d'Antiochus Epiphane. Ils furent accablés d'épreuves par les rois grecs ; exilés à No, en Egypte, et dans la banlieue de cette ville (1. 28).
Dans le colophon, « Le Cantique sur la Vigne » du karaïte de Tibériade, Moïse Ben Asher, on peut lire :
« Les Parfaits de cette vigne furent les Anciens de Batyra, les héritiers des Prophètes, connaissant l'Intelligence des choses »(1.22) et un peu plus loin, « Avec délectation, ils ont disposé les té'amîm de l'Écriture qui donnent son sens et son interprétation a la parole » (1.24)
A lire Clément d'Alexandrie encore, (+ 2ème siècle), il faut croire que certains initiés utilisaient la notation par les té'amîm puisque celui-ci a pu écrire
« Il existe (des lecteurs) qui lorsqu'ils lisent, modifient entièrement les Écritures, suivant leur propre caprice, et les ramènent à leur propre commodité, en changeant de place les points et les accents qui ont été justement et prudemment disposés ». cf. Stromates Ch. IV.(150-211 ou 216 ; citation de S. CORBIN in L'EGLISE à LA CONQUÊTE DE SA MUSIQUE, Ed. Gallimard, Paris 1960.
Ces Maîtres de la Transmission décidèrent de la livrer, en termes clairs aux contemporains et à la postérité. La rédaction du manuscrit, ainsi complété, avait été commandée à Moise Ben Asher par un Karaïte de Jérusalem pour son usage personnel. Plus tard, le précieux manuscrit échut à la communauté Karaïte ; transféré dans une synagogue Karaïte du vieux Caire, il y fut conservé pendant 850 ans comme un trésor inestimable (de nombreux textes Karaïtes sont aussi conservés à la Bibliothèque de Léningrad).
Il apparaît avec certitude que ce système entier ne peut avoir été connu à une même époque ; d'autre part, les Maîtres de Tibériade ne peuvent l'avoir créé.
Indéniablement, le système a été connu pour le chant liturgique et destiné aux Chantres Lévites du Temple.
|
|
|
|
|
|
|
|
|